Devenu SOURCIER par hasard...

Originaires de la région parisienne, lassés par un temps trop souvent maussade, de ciels plombés et d'hivers interminables, j'ai fais l'acquisition d'un rêve d'enfant, une propriété bien modeste dans le sud de la France dans le département de Vaucluse.
C'est alors que j'ai été immédiatement confronté à un soucis jusqu'alors inconnu dans nos régions du nord ;


la sécheresse !

Mais pas une sécheresse du nord, celle qui laisse des mois durant de larges flaques d'eau sale sur les bas-cotés des routes, celle qui offre une belle teinte verte et luisante au feuillage tout imbibé des dernières précipitations, qui ramollie à coeur les lourds labours bruns des vastes étendus agricoles.

Non !

une véritable sécheresse du sud. Léché par l'ardent soleil, balayé par les vents, le sol fait de poussière clair et de roches a soif !

Point de salut pour le pauvre végétal cultivé si une eau salvatrice ne vient lui caresser régulièrement ses rhizomes, action indispensable à son géotropisme.

Certes, la plante sauvage s'y est habituée, elle n'y pense même plus, dans la garrigue, elle sait que jamais ses racines bien trop courtes ne viendrons carresser cette eau fraîche et limpide qui circule à cent mêtres en-dessousl, à moins que...

...A moins qu'effectivement cette eau qui chemine aux trèfonds durant des millénaires soit découverte, localisée et extraite au grand jour.

La plante qui n'en à que faire, quoi que nous l'ignorons, ne devrait pourtant son salut qu'à un bien modeste et énigmatique personnage. Muni d'un étrange appareil, il sait qu'à cet endroit et à cette profondeur, circule une eau clair et limpide capable de lui offrir une infinie satiété, ce personnage, ce sauveur est le Sourcier .

 

 En Provence, la nécessité d'un forage distribuant une eau généreuse est indispensable à qui veut transformer un désert aride en jardin luxuriant sur pelouse verdoyante.

Mais un forage, c'est quoi ? Un trou dans le sol, oui, mais à quelle profondeur, et surtout OU ?

Et c'est précisément à l'occasion de ces interrogations, un peu par hasard et un peu aidé, que j'ai pris conscience de mes talents de sourcier.

Muni d'une petite baguette d'olivier un peu trop souple, j'ai parcouru d'un pas hésitant le trajet supposé de la veine d'eau du forage déjà existant sur notre terrain. Soudain, stupeur ! La baguette plongea vers le sol,  d'abord mollement, puis, en corrigeant progressivement le maintien, de plus en plus vigoureusement, jusqu'à provoquer des rougeurs légèrement douloureuses aux mains, dont l'origine était causée par la multiplication des réactions de ce bien curieux accessoire .

Avec deux bonnes heures d'entraînements, je ne parvenais même plus à repositionner la baguette horizontalement sur le lieu de passage de la veine d'eau, tant la pression exercée sur "l'outil" était forte, et ceci malgré les tortures que je lui infligeais. Elle se repositionnais désespérément en position verticale, soit vers le haut, soit vers le bas.

C'est alors que j'ai eu l'impression de posséder un objet extraordinaire, plein de possibilités et de promesses, dont les origines demeurent mystérieuses, incompréhensibles, car à ce moment, j’était persuadé que la baguette seule effectuait ce mouvement.

Quelque chose émettait une action physique, palpable, visible et contrôlable sur un objet certes naturel mais remarquablement rudimentaire.

De retour au domicile en région parisienne, je décela sans difficultés la présence de 3 veines d'eau dans le jardin (avec la même baguette), placées parallèlement, dont une passant précisément sous la maison.

Cela fut l'occasion rê
vée d'effectuer tous les tests et les recherches dans mon sous-sol transformé pour l'occasion en un laboratoire bien particulier.
 
Car l'objet de ma préoccupation était alors la suivante :

Fabriquer un outil fiable, un indicateur, mieux, UN DETECTEUR ! qui fonctionnerait en-dehors de l'action physique humaine, car pensais-je, à l'aube du troisième millénaire, il n'est pas concevable d'envisager quelconque mesure avec une branche de bois fraîchement taillée,  fusse t-elle encore toute suintante de sève !

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